Le shemagh est bien plus qu’un foulard : il donne au qamis son allure, protège du soleil comme du vent et se porte de bien des façons. Pour vous aider à nouer un shemagh sans hésiter, voici cinq méthodes simples, expliquées étape par étape, du port classique avec agal au shemagh noué en écharpe, avec les erreurs à éviter et nos conseils pour l’assortir à votre tenue.
Sommaire
- Shemagh, ghutra, keffieh : de quoi parle-t-on ?
- Le pli de base en triangle
- Méthode 1 : le style classique, avec agal
- Méthode 2 : les pans ramenés sur la tête
- Méthode 3 : le turban, sans agal
- Méthode 4 : la protection du visage
- Méthode 5 : le shemagh en écharpe
- Quelle méthode choisir ?
- Les erreurs à éviter
- Quel shemagh avec quel qamis ?
- Entretenir son shemagh
- Questions fréquentes
Shemagh, ghutra, keffieh : de quoi parle-t-on ?
Shemagh, ghutra, keffieh, hatta : ces mots désignent tous une coiffe d’homme portée au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, faite d’un carré de tissu, le plus souvent en coton. Selon l’encyclopédie Wikipédia, elle est née chez les Bédouins pour se protéger du soleil, puis s’est imposée dans toute la région, car elle protège aussi de la poussière et du sable.
Les usages varient d’un pays à l’autre. Le shemagh à carreaux rouges et blancs, terminé par des franges, est très porté en Arabie saoudite et en Jordanie, où il est même un symbole national. La ghutra, souvent blanche, est la plus courante aux Émirats et dans le reste du Golfe. À Oman, on parle de mussar, noué sans agal sur une calotte appelée kumma. Pour les différences entre les tenues qui les accompagnent, lisez notre guide qamis saoudien, kandoura et dishdasha.
Dans cet article, nous employons « shemagh » pour désigner le carré de tissu en général : les méthodes valent aussi bien pour une ghutra blanche que pour un shemagh rouge et blanc.
Avant de nouer un shemagh : le pli de base en triangle
Presque toutes les façons de nouer un shemagh commencent par le même geste. Étalez le tissu bien à plat, sur une table ou sur un lit. Repassé, il se met en place beaucoup plus facilement : un shemagh froissé forme des plis disgracieux sur le front.
- Prenez deux coins opposés et rabattez-les l’un sur l’autre pour former un grand triangle.
- Lissez le bord plié, c’est-à-dire le côté le plus long du triangle : c’est lui qui viendra sur votre front.
- Repérez le milieu de ce bord en pinçant légèrement le tissu. Ce repère vous aidera à centrer le shemagh sur la tête.
Certains préfèrent décaler légèrement les deux pointes au lieu de les superposer exactement : les deux épaisseurs restent visibles dans le dos et le tombé paraît plus fourni. Côté dimensions, les shemaghs vendus en Europe mesurent souvent autour d’un mètre de côté ; le site The Art of Manliness cite par exemple un carré d’environ 42 pouces, soit 107 cm. Plus le carré est grand, plus vous aurez de longueur pour les styles enroulés.
Méthode 1 : le style classique, avec agal
C’est le port le plus répandu dans le Golfe, celui des grandes occasions, de la prière du vendredi ou des mariages. Il demande un agal, ce double cordon noir posé sur le dessus de la tête pour maintenir le tissu en place.
- Placez le triangle sur la tête, la pointe vers l’arrière, le milieu du bord plié au centre du front, juste au-dessus des sourcils.
- Vérifiez que les deux pans tombent à la même longueur de chaque côté du visage, sur la poitrine ou sur les épaules.
- Posez l’agal à plat sur le dessus de la tête, en le faisant descendre légèrement vers l’arrière pour qu’il tienne sans serrer.
- Pincez le tissu au centre du front pour former une petite pointe, puis ajustez les côtés pour qu’ils encadrent le visage.
- Laissez les pans tomber devant vous, ou rejetez-en un sur l’épaule pour un style plus décontracté.

Astuce : beaucoup d’hommes portent une calotte, la taqiya, sous le shemagh. Elle évite que le tissu glisse et donne un volume régulier au sommet du crâne.
Méthode 2 : les pans ramenés sur la tête
Ce style part de la méthode classique. Il dégage le visage et le cou, ce qui le rend pratique quand il fait chaud, quand on conduit ou quand on a besoin de liberté de mouvement. C’est une variante très confortable pour les tenues de tous les jours.
- Nouez votre shemagh comme pour la méthode 1, agal compris.
- Saisissez le pan droit, soulevez-le et rabattez-le par-dessus le sommet de la tête, vers l’arrière ou vers le côté opposé.
- Faites de même avec le pan gauche en le croisant sur le premier, ou laissez-le tomber si vous préférez un style asymétrique.
- Glissez les extrémités sous l’agal pour qu’elles restent en place, puis vérifiez le tombé dans un miroir.
Sans agal, la même idée fonctionne : croisez d’abord les pans sous le menton, rejetez-les sur la tête, puis coincez les extrémités à l’arrière, sous le tissu.
Méthode 3 : le turban, sans agal
Enroulé autour de la tête comme un turban, le shemagh tient sans agal. Ce style est courant aux Émirats arabes unis, où il protège du soleil le jour et, dans une version plus épaisse, du froid des nuits dans le désert. Les Bédouins du Sinaï portent eux aussi leur keffieh en turban, avec une longue queue dans le dos.
- Au lieu de former un triangle, rabattez un bord du tissu jusqu’au milieu du carré, sans le plier entièrement en deux.
- Posez la partie repliée sur le dessus de la tête ; la partie simple couvre l’arrière de la tête et la nuque.
- Torsadez deux fois vers l’extérieur les deux pans qui pendent devant.
- Passez-les par-dessus les épaules et croisez-les derrière la tête, au niveau de la nuque : ce croisement crée le volume à la base de la coiffe.
- Ramenez les deux pans vers l’avant, un de chaque côté.
- Enroulez le premier pan sur le front puis vers l’arrière, et glissez son extrémité dans le repli à la base de la tête. Faites de même avec le second ; vous pouvez laisser dépasser une petite queue sur le côté.

Ne vous découragez pas : il faut souvent plusieurs essais avant d’obtenir un turban net et symétrique. Entraînez-vous devant un miroir, sans vous presser.
Méthode 4 : la protection du visage (désert, moto, grand froid)
Popularisée par les militaires et les voyageurs, cette méthode couvre la tête, le cou et le bas du visage. Elle est idéale contre le vent, le sable ou le froid, en randonnée, à moto ou lors d’un voyage dans le désert.
- Pliez le shemagh en triangle.
- Repérez un point situé aux trois quarts environ du bord plié et placez-le sur le front, comme un bandana : un pan est court, l’autre long.
- Passez le pan court sous le menton et remontez-le vers l’arrière de la tête, du côté opposé.
- Ramenez le pan long devant le visage, en couvrant le nez et la bouche si besoin, puis faites-le passer par-dessus la tête.
- Nouez les deux extrémités derrière la tête par un double nœud, puis ajustez l’ouverture au niveau des yeux.
Pour respirer et parler plus librement, il suffit d’abaisser la partie qui couvre le visage sous le menton. Veillez à ne jamais serrer le tissu autour du cou.
Méthode 5 : le shemagh en écharpe
Le shemagh se porte aussi autour du cou, comme une écharpe. C’est la façon la plus simple de l’intégrer à une tenue de ville, par exemple par-dessus un qamis et un manteau en hiver.
- Pliez le shemagh en triangle.
- Posez-le sur la poitrine, la pointe vers le bas, à la manière d’un bandana.
- Croisez les deux pans derrière la nuque, puis ramenez-les devant.
- Laissez-les pendre librement, ou nouez-les sans serrer sous la pointe et glissez le nœud à l’intérieur.
Avec un qamis homme de couleur unie, un shemagh rouge et blanc porté en écharpe apporte une touche de couleur sans alourdir la silhouette.

Quelle méthode choisir ?
Le bon nouage dépend surtout de l’occasion et du temps qu’il fait. Ce tableau résume nos recommandations pour chaque méthode.
| Méthode | Agal | Niveau | Idéal pour |
|---|---|---|---|
| Classique | Oui | Facile | Fêtes, prière du vendredi, mariages |
| Pans ramenés | Oui ou non | Facile | Chaleur, conduite, quotidien |
| Turban | Non | Intermédiaire | Soleil, désert, activités en extérieur |
| Protection du visage | Non | Facile | Vent, sable, moto, grand froid |
| Écharpe | Non | Très facile | Tenue de ville, hiver |
Les erreurs fréquentes à éviter
- Des pans de longueur inégale : centrez toujours le bord plié au milieu du front avant de poser l’agal.
- Un shemagh froissé : un coup de fer, en suivant les indications de l’étiquette, suffit à obtenir un pli net.
- Un agal trop serré ou mal placé : il doit reposer sur le dessus de la tête, sans comprimer le front ni glisser vers les yeux.
- Un nœud serré sur la gorge : pour les styles noués, le tissu doit rester souple autour du cou.
- Trop de motifs : un shemagh à carreaux se marie mieux avec un qamis uni qu’avec une tenue déjà chargée.
Quel shemagh avec quel qamis ?
L’association la plus classique reste le qamis blanc avec un shemagh rouge et blanc : un contraste net, emblématique de la tenue traditionnelle saoudienne. Notre qamis saoudien, avec son col officier, se prête particulièrement bien à ce look.

La ghutra blanche accompagne naturellement la kandoura émiratie, ton sur ton : découvrez nos qamis émiratis. Sur un qamis de couleur, vert d’eau, bleu ciel ou gris, une ghutra blanche apporte de la lumière près du visage, tandis qu’un shemagh rouge et blanc donne davantage de caractère.

Pour aller plus loin, notre guide comment porter un qamis saoudien détaille la longueur, les chaussures et les accessoires à associer.
Entretenir son shemagh
Un shemagh bien entretenu garde un tombé net. Suivez toujours l’étiquette de votre modèle : la composition et les températures conseillées varient d’un fabricant à l’autre. Lavez-le avec des couleurs proches, surtout s’il est rouge et blanc, faites-le sécher à plat ou sur un cintre pour éviter les marques, puis repassez-le avant de le porter. Rangé plié en triangle, il est prêt à être noué le moment venu.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un shemagh et une ghutra ?
Les deux désignent un carré de tissu porté sur la tête. Dans l’usage courant, le shemagh est à carreaux, souvent rouges et blancs, alors que la ghutra est le plus souvent blanche et unie. Elles se nouent de la même façon.
Faut-il un agal pour porter un shemagh ?
Non. L’agal est indispensable pour le style classique, mais le turban, la protection du visage et l’écharpe se nouent sans. À Oman, par exemple, la coiffe se porte traditionnellement sans agal.
Comment empêcher le shemagh de glisser ?
Portez une calotte (taqiya) dessous, posez l’agal légèrement vers l’arrière du crâne et choisissez un shemagh bien repassé : le tissu tient mieux quand il est parfaitement à plat.
Quelle taille de shemagh choisir ?
Un carré d’environ un mètre de côté convient à la plupart des adultes. Les grands formats offrent plus de longueur pour les styles enroulés comme le turban.
Peut-on porter un shemagh avec un qamis en France ?
Bien sûr. Pour la prière du vendredi, l’Aïd ou un mariage, le style classique avec agal est le plus élégant. Au quotidien, beaucoup préfèrent l’écharpe, plus discrète. Pour la tenue de fête, lisez notre guide quel qamis pour l’Aïd.
Envie de composer votre tenue ? Le shemagh trouve toute sa place sur un qamis saoudien au col officier.
Sources
- Keffiyeh, Wikipédia (en anglais) : origines, appellations régionales et usages
- How to Tie a Military-Style Shemagh, The Art of Manliness : méthode de protection du visage et dimensions
- Tying the Arabic Headscarf, Platinum Heritage (Dubaï) : nouage en turban
Crédits photos : Photo : Adnan Almohamad, Wikimedia Commons, CC BY 4.0 · Photo : Florian Prischl, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0



